Le Compendium
      Albert Balasse

Coffret d'électricité médicale
J. Carpentier

Coffret d'électricité médicale J. Carpentier - dimensions 26 x 14 x 5 cm - Paris, vers 1890

Appareil d'induction de M. Ruhmkorff   (Document Google)

Ce coffret proposé par Jules Carpentier est, à un "détail" près, celui créé par Ruhmkorff et qui correspond au dessin emprunté au TRAITÉ  D'ÉLECTRICITÉ MÉDICALE de 1872 par E. Onimus et Ch. Legros. En fait, en 1878, un an après la mort de Ruhmkorff, Jule Carpentier, alors jeune polytechnicien, obtient aux enchères la totalité de ce que laisse le grand constructeur. Il crée alors la société "Ateliers Ruhmkorff - J. Carpentier Ingénieur Constructeur". Il semble logique qu'il ait repris la fabrication de cet article dont le succès était déjà très grand...

Les enroulements primaires des bobines sont alimentés par deux piles du type Marié-Davy. Chacune est constituée d'un godet en charbon de cornue d'un peu plus de 4 cm de diamètre, pôle positif, recevant une solution de sulfate de mercure (II) dans laquelle plonge un cylindre en zinc, pôle négatif. On remarque, dans le compartiment actuellement vide du coffret, la lame ressort métallique réalisant le contact avec le godet positif... A gauche sur la photographie, le flacon à col rodé contenant l'électrolyte cristallisé ainsi que la petite cuillère en verre, ont leur place dans le coffret.

L'image, à droite, montre le trembleur de Neef, interrupteur permettant d'ouvrir et de fermer régulièrement et rapidement le circuit alimenté par les piles. Son armature en fer doux f est mobile à l'extrémité du ressort de rappel r. Lorsque f est en contact avec le ressort r', le circuit est fermé et le courant circule dans l'enroulement primaire de chaque bobine. L'extrémité a d'un du noyau de fer doux d'une bobine agit alors sur l'armature f et, l'attirant, ouvre le circuit... L'armature f oscille entre les deux positions, ouvrant et fermant le circuit électrique à fréquence rapide et réglable par action sur le bouton A. Les deux bornes C et C' sont reliées, respectivement à r' et à r : elles délivrent l'extra courant. Les bornes D et D' sont reliées aux extrémités des enroulements secondaires des bobines : elles délivrent le courant induit.

Pour régler la force du courant induit, deux cylindres en cuivre argenté forment un double manchon mobile recouvrant les bobines. Ces cylindres deviennent le siège de courants induits en minimisant ceux que recueillent le patient On peut, à l'aide du bouton B, les déplacer de manière à ce qu'ils recouvrent plus ou moins les enroulements secondaires. Plus grande est la partie des bobines recouverte par le double manchon et plus faibles sont les courants. Si le double manchon est retiré, les secousses sont plus énergiques...

Posés sur le coffret, les différents excitateurs et leurs manches isolants, en bois laqué.

La dotation en excitateurs est bien complète. Elle consiste en deux cylindres porte-éponge en cuivre argenté, deux boutons métalliques doublés de peau de chamois que l'on peut humidifier pour un meilleur contact avec la partie du corps à traiter, un pinceau métallique révulseur et une électrode olivaire.

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Le détail : la différence entre l'instrument original de Ruhmkorff et celui de Carpentier

Un élément très intéressant de la bobine originale, construite par Ruhmkoff, consiste en un interrupteur rotatif à dents, situé à côté des bornes de sortie D. En le faisant tourner manuellement on met successivement en contact les pointes des dents avec une lame flexible en acier, ce qui, à chaque fois, ferme le circuit d'alimentation des bobines inductrices. On peut ainsi provoquer des électrisations et coupures saccadées et franches plus espacées que lors de l'utilisation simple du trembleur : les secousses ressenties, dues à l'extra-courant, sont plus fortes.


Jules Carpentier n'a pas repris cette idée d'interrupteur rotatif et l'a remplacé par un bouton poussoir E que l'on voit ici, près du crochet de fermeture du coffret. Peut-être a-t-il été sensible à la remarque du Dr W.Wundt qui, en 1884 et dans son 
TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE PHYSIQUE MÉDICALE, reproche à l'appareil de Ruhmkorff le fait que les bornes de branchement des électrodes, la vis de réglage de la rapidité des oscillations du trembleur et l'interrupteur à dents, sont très saillants à l'extérieur et donc vulnérables. C'est en effet particulièrement vrai pour l'interrupeur à dents, si bien qu'un précédent propriétaire du spécimen présent dans le Compendium avait fait faire un deuxième coffret pour protéger le premier !

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Sur le fond du coffret

Pour atteindre la page décrivant le coffret proposé par Ruhmkorff, il suffit de cliquer sur son image.

Sur la vie et les travaux de Jules Carpentier, cliquer ici

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399 / 22 septembre  2021